Chaptire III – Slavonski Brod – Croatie

5.20 du matin, le téléphone sonna et je me réveillais sur le siège avant du van, mon lit pour la plupart de mes nuits ces derniers jours.
En dehors le ciel est limpide, le genre de ciel d’hiver froid et mortel …
J’ai gelé toute la nuit, essayant de dormir sur la banquette avant de Marcel dans le seul endroit libre que j’ai pu trouver, le reste du camion étant blindé de donations.
Garé en face de la gare, je voyais tous ces trains aller vers une destination inconnue … et j’imaginais déjà ces trains plein de migrants que je rencontrerais quelques heures plus tard.
Et le soleil arriva enfin … le matin, un café et une cigarette, puis je suis parti au camp.

L’endroit n’était pas facile à trouver et après 30 bonnes minutes de recherche, j’arrivais enfin aux portes du camp de Slavonski Brod, à la périphérie de la ville.
Comment le décrire … bien, c’est un mélange d’un terrain de camping et d’une base militaire.

Tout d’abord, j’ai été frappé par le nombre de flics alentour, tous portant des armes à feu, bien sûr, et par dessus tout pas très amical et bavard.
D’une certaine manière, vous pouviez ressentir la tension dans l’air, lorsque je suis arrivé, c’était le jour où la Slovénie et l’Autriche devaient fermer leur frontière avec la Croatie.
Je suppose que tout le monde ici n’était pas sûr de la suite des évenements.

Je suis passé par les tâches administratives et me suis inscrit auprès de mes nouveaux collègues allemands Sophia et Félina.
Simon et Christian, les gars qui dirrigaient l’ONG IHA étaient avec nous aussi et nous ont fait un tour rapide du camp.

 
 
Le camp était séparé en 6 secteurs différents pour héberger les réfugiés, d’autres tentes logaient les ONG comme la Croix-Rouge, Care, UNICEF etc …
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Et «la captation d’images était formellement interdit dans le camp» alors je ne savais pas à quoi m’attendre.
Mais j’étais plus là pour aider que pour obtenir des photos et, donc, je suis allé dans la partie où tous les vêtements et les dons étaient triés et j’ai commencé “bouffer du tri” avec Sophia et Felina.

Des trains passaient sporadiquement à travers les portes du camp, transportant des migrants à l’intérieur et à l’extérieur.

Et à 14 heures : la Slovénie et l’Autriche fèrmerent leur frontière.

Et nous nous attendions à ce que 2500 réfugiés restent ici dans le camp, pour Dieu savait combien de jours … tout le monde était nerveux, bien sûr, mais nous devions continuer à stocker et à trier les vêtements, sac après sac, boîte après boîte …

Et j’ai conduit la camionnette à l’intérieur pour apporter la première partie de ce que j’ai  recueilli sur le chemin, et je me sentais fier de reconnaître certaines des dons et de savoir que ceci venait de cette personne et cela d’une autre.

Mais le camion n’était toujours pas vide après la première vague …

 

Ensuite, le dernier train du jour passa avec toutes les personnes à l’intérieur et nous Courûmes au premier secteur pour leur apporter des couvertures, des vêtements chauds, etc. … tandis que la nuit venait avec le froid.

Et nous sommes entrés dans les tentes … et c’était effrayant de voir tous ces gens là-bas … impuissants, désespérés, fatigués, paniqués et sans aucune réponse à leurs questions.

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“Où sommes-nous? ” “Quand partons-nous? “” Où nous nous arrêtons ensuite? “

“Je ne sais pas.” “Vous êtes en Croatie. “” Je ne peux pas vous le dire. “” J’espère … “c’était la seule chose que nous pourrions répondre.

 
 
 

La seule chose que nous pouvions faire était de leur demander s’ils avaient besoin de «vêtements»? Un pantalon? Chaussures? Quelle taille? As-tu mangé quelque chose? Etc . et après quelques notes rapides sur une feuille de papier, se précipiter dans les conteneurs, obtenir les donations et les amener aussi vite que possible en face de toutes ces personnes se rassemblant autour de vous pour essayer d’obtenir quelque chose … n’importe qu’elle chose …

Et, par chance, cela n’a pas duré longtemps et les milliers de personnes ne passèrent que 30 minutes dans le camp et partèrent en Slovaquie dans un autre train.

Frontières ouvertes de nouveau ? De sacrés chanceux …

 
Et je suis content que notre shift se termine de cette façon … pour une fois …

 

Chapter XXII – Ganges – France

Being back to tranquility is an unpleasant feeling.

I mean, of course, I enjoy resting and having the time to settle down and to breath for a while but knowing what’s going on in the other places I belong to is a knife straight in the heart. I can’t stop thinking about everyone and I can’t help but to keep trying to help them from here.

Then the last couple of weeks has been busy setting up new tools to gather funds and money to help “my friends” still stacked all over the place.

I couldn’t find that many ways …

  • One is to share the experience and to run workshop and conferences about the situation in high school, college and university. It’s something I started doing more and more, knowing that sharing migrants stories and to enable students to help and to connect with them is one of the most important thing.
  • The second is about online fundraising and I then, start setting up a way for people to sustain the work on a monthly basis using the Patreon platform (as you can see on the orange button).FireShot Capture 1 - Exile 2.0 – منفى – Documentary On Migra_ - https___felixbrassier.wordpress.com_
  • The third option might be the less practical but the most efficient: fundraising events.

 

 

This last option is not the easiest one.

 

From planning the evening’ performances, calling the venue, buying the food, cooking the meals till finally running the event, you don’t have that much space … It takes a lot of time, energy and commitment … things that I’d rather keep for the people in need. But, hey … you can’t be everywhere at the same time and you’ve to work things out with what you’ve got.

So I decided to create and to run the first physical fundraising event related to the Exile 2.0 project to specifically help the boys from the Takadoum neighborhood in Rabat, Morocco … -> https://www.gofundme.com/23kkwwk

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Let’s be honest, I’m everything but comfortable with this …

But I’m lucky enough to be surrounded by friends who gave me a hand.

So far, the D-day, I was all but ready, and even if my fellows were confident, I wasn’t.

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I bought the food at the last minute before going to prepare the couscous, which would have been impossible without the help of Nadira and Fabrice who shown up to help just like a miracle.

 

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Steph, Tonio and Miloun, artists poets and musicians, helped me to run the “show” till the documentary screening, singing, playing music and reading poetry to the public while I was trying to fix the Internet connexion …

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Well, I never expected we would get the entire place packed with people and just enough food to serve them.

 

And It was such a great thing to realize that again, here, people were listening and willing to help.

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After an exhausting 5-hours event, we all were happy with the result. And even if you always need more money to carry the work, I can’t stop thinking about the boys from Takadoum, who’ll soon receive a nice gift thanks to all the good people from Ganges.  

Chapitre XXII – Ganges – France

Être de retour au calme est un sentiment étrange et déplaisant.

Je ne dis pas que je n’apprécie pas de me reposer et de souffler un peu mais de savoir ce qui se passe pour mes amis, toujours coince dans les régions où je suis passé : c’est un couteau planté dans le coeur. Ils hantent mes pensées, jours et nuit … et je ne peux pas faire autrement que d’essayer de les aider d’ici.
J’ai donc decié de mettre en place de nouveaux moyens de leur venir en aide.

Honnêtement, je n’ai pas trouvé mille et une solutions.

  • La première est de partager mon expérience et de mener des ateliers et conferences de sensibilisation en collèges, lycées et universités. C’est ce que je fais de plus en plus car, partager l’histoire des migrants, réfugiés et de permettre aux étudiants de parler avec eux ainsi que de devenir acteurs, penseurs de l’aide humanitaire, est la chose la plus importante selon moi …
  • La deuxième solution que j’ai trouve est la mise en place d’un moyen de soutien mensuel en ligne via la platform Patreon (que vous pouvez voir via le bouton orange sur le site) .
    FireShot Capture 1 - Exile 2.0 – منفى – Documentary On Migra_ - https___felixbrassier.wordpress.com_
  • Enfin, la troisième option est surement la moins pratique : les soirées de levée de fonds.

 

Et cette dernière méthode n’est pas sans peine.

 

 

 

Entre planifier, organiser les performances de la soirée, appeler les gens, trouver un endroit, acheter la bouffe et la cuisiner pour enfin “faire” la soirée le jour J, il n’y a pas mal de choses à prendre en compte.
Cela prend un temps et une énergie folle, chose que j’aurais de préférence garde pour les personnes sur le terrain. Mais bon, que voulez-vous, on ne peut pas être au four et au moulin et on fait avec ce qu’on a sur place.

Donc, j’ai decié de créer et mener la première soirée officielle de levee de fond pour le projet, pour aider spécifiquement les jeunes du quartier de Takadoum à Rabat au Maroc. -> https://www.gofundme.com/23kkwwk

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Honnêtement, je suis tout sauf à l’aise avec ce genre d’événements.

J’ai cependant la chance d’avoir des amis près à mettre la main à la “pâte.”

Mais le jour J, j’étais loin d’être prêt, et, même si les gars semblaient confiants, j’avais de nombreux doutes.

wp-1492974549564.La nourriture avait ete achetee à la dernière minute avant de préparer le couscous pour le repas du soir (chose qui aurait été impossible sans l’aide de Nadira et Fabrice, qui, après les avoir croisés dans la ville inopinément, sont venues filer un coup de main miracle qui sauva la soirée).

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Steph, Tonio et Miloun, des camarades artistes, poètes et musiciens s’occupèrent de chauffer l’ambiance, récitant des poèmes, jouant de la musique et chantant à tours de bras pendant que de mon cote, je m’arrachait les cheveux pour trouver une connexion internet viable.

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Très franchement, en début de soirée je n’aurais jamais cru que l’on reçoit autant de personnes et que nous ayons juste assez de nourriture pour tout le monde.

Les choses sont surprenantes parfois et la bonté humaine ne cessera jamais de me surprendre, surgissant de nulle part sans mot dire.

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Et même si les cinq heures, les performances, le repas, la diffusion du documentaire et les conversations qui en découlèrent furent épuisants … Même si, toujours plus d’argent serait nécessaire pour continuer les choses comme il se doit …

Je ne peux pas m’empêcher de penser aux jeunes de Takadoum qui, bientôt, auront une jolie surprise de la part des gens de Ganges.

Chaptire II – Zagreb – Croatie

Zagreb a une population d’un million d’habitants, heureusement je suis arrivé après l’ heure de pointe et l’avenue principale “slavenski” était de nouveau praticable. Alors je suis allé à un McDonald comme chaque nomade digitale qui doit chopper une connexion WiFi sur le tas. J’ai rafraîchi le GPS pour trouver l’appart’ de Petra, envoyer un SMS aux amis et la famille (c’est à ce moment que j’ai entendu parler de l’attaque de Paris en ce jour du 15 novembre).

 

Rien de mieux pour vous garder d’humeur …

Bref, je suis parti et suis allé chez Petra où nous nous sommes rencontrés.


Petra est graphiste et photographe, nous avons été en contact via Internet grâce à notre participation commune au projet musical ‘Vly’, puis, comme je planifiaisde passer dans la ville, nous avons prévu de nous rencontrer là.

Le lendemain de mon arrivée, nous sommes allés chercher l’organisation appelée «Are You Syrious».

Ces gars avaient parcourus toute la ville pour recueillir des dons, pour les stocker dans leur entrepôt dans le quartier de Medika.

Comme le côté administratif du travail humanitaire était un tel bordel, ils n’avaient été autorisés qu’à simplement apporter leurs dons aux portes des camps.

En plus de cela, pour améliorer l’aide et toujours être se rendre utiles dans cette situation compliquée, ils collectaient, analysaient et partageaient toutes les informations concernant la route des Balkans.

 

Et j’ai découvert pour la première fois combien c’était crucial.

Comme je l’ai vécu plus tard tout au long du chemin, l’information était quelque chose que vous deviez prendre au sérieux à n’importe-quel moment.

Et nous travaillâmes ensemble avec les gars de l’entrepôt de Medika, et alors que nous étions en train de trier et d’emballer les vêtements, etc. … Nous discutions de la possibilité pour moi de poursuivre mon chemin efficacement.

Je ne savais pas à l’époque que nous étions sur le point de rester en contact sur le Web et les réseaux tout au long de mon voyage.

Je leur demandais toujours des conseils sur la prochaine étape de mon voyage, et toujours ils répondaient, me proposant des contacts, des lieux et des choses utiles à faire et à réfléchir.

Je dirais que “Are You Syrious” est encore aujourd’hui l’une des meilleures ressource pour les bénévoles et sur qui tout le monde peut compter pour avoir les nouvelles du terrain mises à jour au quotidien.

Chapitre I – France

Premier jour.
Un matin doux et clair en Normandie.

 

Tout est comme çà l’a toujours été, rien n’a changé et la ville respire la même routine, mais je vais de l’avant avec le camion “Marcel”, en préparant et en emballant foutitude choses avant de partir.

 

Un rapide adieu aux gens ici, une dernière vérification de la camionnette puis je pars: première destination, Paris, où je rencontrerai d’autres amis et personnes désireuses d’aider.

J’arrivais dans la capitale deux heures plus tard et je rencontrais Marc Pubreuil et Clara Martinez dans leur appartement rue daudeville. Je ne les ai pas vus depuis longtemps (l’époque où nous avions l’habitude de travailler sur nos projets cinématographiques respectifs) et c’est un plaisir de les rencontrer à nouveau pour cette occasion. Après avoir parlé un peu de cinéma, de projets et d’autres choses, je les avons laissés, ai pris ce qu’ils ont donné au projet et suis allés voir Morgane chez elle où j’ai passé la nuit.

Deuxième jour.

J’ai quitté Morgane assez tôt pour continuer vers l’Est en direction de Strasbourg à la frontière entre la France et l’Allemagne.

Dans la ville, après 5 heures de trajet, j’ai retrouvé Audrey Robles, une ancienne bonne amie de l’université qui m’accueilla et me fit une visite rapide de la magnifique ville. Après avoir terminé son travail en tant que graphiste dans une agence locale Kevin Palermo, son petit ami s’est joint à nous et nous sommes sortis pour profiter d’une soirée trop rapide dans la ville.

Troisième jour.

Tôt le matin, Audrey, Kevin et moi avons quitté l’appartement et nous sommes partis à nos tâches respectives.

Le but de la journée était de rejoindre Salzbourg en Autriche.

J’ai traversé l’Allemagne assez rapidement et, après 600 km, j’étais près de la ville. Comme j’étais en contact avec Petra Sumar qui était sur le point de m’emberger à Zagreb, et que le temps jouait toujours en ma faveur, j’ai décidé de ne pas m’arrêter et de continuer à conduire jusqu’à la Croatie pendant la nuit.

Et après avoir traversé l’Autriche et la Slovénie, après avoir passé mes premiers barrages et douanes de la police locale … Je suis finalement arrivé dans les Balkans.