Chapter XII – Valence – France

After roughly 8 months on the roads through the different countries related to the migration crisis, I finally end up going back to France. Being back to the safety and the “civilization” as we used to see it…
But something changed, and I wasn’t really the same than I was before.

First, I had to go back because of conferences and workshops I needed to run in High Schools around Valence in the Drome region. I had never though I was about to tell my story and to talk about what I was doing this way. Basically, it wasn’t the goal of my project and I was more inclined to DO things instead of talking about, but I also realized it was an important thing to do specifically with students who were in the age of thinking by themselves and building the world of tomorrow.

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And to interact with them made me realized how much they all wanted to help but how lost they were regarding the practical ways to actually do it (exactly like me when I first leave to start the project). I was amazed by the faith they had in the future, but at the meantime the sadness and the weakness they were feeling regarding their own capacity to make a change.

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20160407_201326With Elodie, Cecile and few other good and active people of the region, we ran a couple of these conferences to raise awareness across the students and it was so successful that we start building a long term collaboration to continue to have a link with the school and to run this interaction for the year to come.
And I’m thankful to them, as they all helped me realized that, more than experiencing the crisis in the field and making relevant things on the ground, it was also crucial to share these experiences with the ones that, tomorrow, would be the citizen of the world.

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Chapitre XII – Valence – France

Après environ 8 mois sur les routes à travers les différents pays liés à la crise migratoire, j’ai fini par revenir en France. Retrouvant la sécurité et à la «civilisation» comme nous la imaginions …

Mais quelque chose avait changé, et je n’étais pas vraiment le même qu’avant.

Tout d’abord, je devais rentrer au pays en raison de conférences et d’ateliers que je devais mener dans des lycées autour de Valence dans la région de la Drôme. Je n’avais jamais imaginé que j’étais sur le point de raconter mon histoire et de parler de ce que je faisais de cette façon. Fondamentalement, ce n’était pas l’objectif de mon projet et j’étais plus enclin à “faire” des choses concrètes plutôt que d’en parler, mais je me suis également rendu compte que c’était une démarche importante à faire spécifiquement avec les étudiants qui étaient à l’âge de penser par eux-mêmes et de construire le Monde de demain.

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Et d’interagir avec eux me fit me rendre compte qu’ils voulaient tous aider, mais qu’ils leur manquaient les informations et la pratique pour le faire (exactement comme moi lorsque je suis partis pour commencer le projet). J’étais émerveillée par la foi qu’ils avaient dans l’avenir, mais en même temps, par la tristesse et la faiblesse qu’ils éprouvaient à propos de leur propre capacité à changer les choses.

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Avec Élodie, Cecile et quelques autres personnes fondamentalement bonnes et actives de la région, nous avons organisé quelques-unes de ces conférences pour sensibiliser les étudiants et devant le retour des jeunes, devant l’intérêt et la demande générale, nous avons choisi de lancer une collaboration à long terme pour continuer à avoir un lien entre ce projet et l’école pour exécuter cette interaction pour l’année à venir.
Et je les remercie, car ils m’ont tous aidé à constater que, plus que l’expérience de la crise sur le terrain est la réalisation de choses qui, certes ne meraitaient aucun discours ou quoique se soit de plus … il était également crucial de partager ces expériences avec ceux qui, demain, seraient les citoyen du monde.

 

Chapitre XI – Sid – Serbie

Sid.

Nous avons quitté Belgrade avec une autre volontaire pour nous rendre à la frontière serbo-croate à proximité de la petite ville de Sid. Après un trajet de 2 heures, nous sommes arrivés à l’endroit où nous avons été accueillis par Aleksandra, responsable du groupe humanitaire de la “Tchèque-team” de l’ONG “People In Need”.

 

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J’avais rencontré Aleksandra une semaine plus tôt dans une réunion à Belgrade concernant la situation des réfugiés à la frontière et j’étais désireux d’en savoir plus sur leurs conditions là-bas maintenant que ces frontières étaient fermées … D’une certaine manière, je m’attendais à ce que la situation soit pire que cela, plus chaotique …

Aleksandra m’a raconté les détails des conditions humanitaires des réfugiés durant les dernières semaines. Ils me semblaient avoir reçu un bon traitement. Sur les camps qui restaient dans Sid, nous opérions à Adasid, un motel et un garage près d’une station-service sur la route E70 menant à Zagreb et à Presovat qui était un ancien hôpital construit près de la forêt qui a été transformé en un lieu pour les réfugiés maintenant coincés là.

Maintenant que la frontière était fermée, personne ne pouvait plus aller de l’avant … Tous les migrants étaient bloqués là sans savoir quoi faire, où aller, quand partir etc. Ce qui m’aurait rendu extrêmement inquiet. Pourtant jusqu’à présent, ils semblaient bien s’acclimater à cette situation délicate et je les trouvais plus relax et calmes que prévu. Le fait qu’ils restent dans des bâtiments appropriés et approximattivement propre devait les aider à ne pas devenir fous et à essayer quelque chose de bête. Pourtant, nous pouvions voir des taxis aller et venir pendant la journée, ce qui signifiait que, même avec les frontières fermées, les gens continuaient à traverser, en utilisant des passeurs et les trafficants au lieu de la voie officielle.

Les camps étaient moins peuplés jour après jour … Les gens s’en allaient.

Seules les grandes familles restaient là, bloquées … Ne pouvant progresser davantage en raison des enfants ou du manque d’argent. Cela ne signifiait pas pour autant que nous n’ayons rien à faire, loin de la … En fait, c’était même le contraire, alors que les gens dans l’organisation étaient sur le point de quitter l’endroit. Nous avions besoin de jouer avec les enfants tous les jours. Nous devions régler les différents problèmes des familles, etc. Supprimer et nettoyer tous les aires de stockage (que l’organisation utilisait depuis 5 mois) afin d’envoyer les vêtements et les dons à Idomeni où ils étaient plus nécessaires.

Les derniers jours à la frontière ont été étranges et tristes, car je savais que j’allais retourner en Europe de l’Ouest, en France … Et j’avais tout, sauf envie de perdre mon but, revenir au confort, au moderne et soi-disant “monde civilisé” … Et je ne voulais pas … Je ne pouvais plus faire face à l’ignorance, après avoir connu le désordre que mes pays répandaient autour d’eux …

Je me sentais mourir en passant, à rebours, les frontières … sans aucun problème “moi”… En retournant triste et déprimé vers l’Europe, toutes les personnes que j’ai rencontrées et aidées étaient avec moi mais ne pouvaient traverser …
Situation ironique ….

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Chapter X – Belgrade – Serbie

Belgrade

Repasser à nouveau la frontière macédonienne serbe fut un défi, j’ai été en difficulté tous les derniers passages que j’ai accomplis à travers les check-points … Être incité à payer des backshishs pour les Serbes, être contrôlé pendant des heures sous prétexte de présomption de trafic de drogue, de traite ou trafic d’humains, etc. …. être volés par la police de la frontière macédonienne … bien … Honnêtement, je n’étais pas à l’aise de passer à nouveau le point de contrôle Tabanovce-Presevo … Mais, de façon surprenante, cela s’est bien passé et mon chemin vers Belgrade a été l’un des plus directs.

Après avoir traversé le pays en une nuit, après un court sommeil dans une station-service, je suis finalement arrivé à l’ancienne capitale yougoslave. Trouver le camp miksaliste a été plus facile que prévu et pour la première fois, j’arrivais sur la place à ma première tentative. Ensuite, après une introduction rapide à l’équipe de coordination, j’ai commencé le travail de suite.

 

exile (395 of 500)Miksaliste est une ancienne salle de concerts utilisés pour les festivals d’été dans le quartier des quais de Belgrade où se basait la majeure partie de la vie culturelle de la ville. De nos jours, le gouvernement Serbe reconstruit le quai d’une manière totalement différente, avec des auberges de jeunesse “hype”, des hôtels de luxe et tout une gamme de merdes excessivement chères … exile (394 of 500)Le camp est placé directement au milieu de cette zone sur un espace carré qui pourrait recevoir environ mille personnes.

Les concerts ont été supprimées et l’infrastructure du lieu est utilisée pour l’aide. exile (393 of 500)Les étagères de stockage, les conteneurs qui étaient censées accueillir des artistes étaient maintenant utilisés comme des douches, des toilettes, etc. qui servaient à recevoir les personnes dans les besoins.

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Au final, les Serbes, au vu de leurs moyens et de la situation catastrophique de l’été 2015, avaient réussi à gérer la crise avec beaucoup d’efficacité.exile (406 of 500)

exile (386 of 500)Pendant les derniers mois, je me suis habituée à ce travail, en préparant du thé, du café, du tri, de la nourriture, etc . «seuls l’endroit et les gens changent, le travail est toujours le même …» exile (385 of 500)En disant cela, je me rendais compte de ce que j’avais fait pendant les 7 derniers mois, et j’étais en quelque sortes prêtes à faire face à tout type de situation. exile (387 of 500)Ensuite, même si le travail était encore difficile, même s’il était toujours troublant et pénible de voir ces personnes qui luttent pour survivre, j’étais maintenant confiant pour gérer l’ensemble de ce processus d’aide. exile (397 of 500)exile (384 of 500)Et je dirais que le bénévolat dans le camp de miksaliste a été l’une des parties les plus faciles du voyage.

 

exile (401 of 500)C’est peut-être venu des gens qui m’entourent, une ribambelle de Serbes et d’autres volontaires internationaux qui se sont autant impliqués que moi, un paquet de volontaires venus des quatre coins du globe.

 

 

exile (405 of 500)Nous travaillions tous ensemble tous les jours et passions la majeure partie de notre soirée à siroter et à parler au café mikser ou au KC Grad Club. D’une certaine manière, nous Étions tous sur la même longueur d’onde, tous énervés par les horribles nouvelles de la fin des routes des Balkans, tous essayant de comprendre quelle était la meilleure façon d’aider … exile (396 of 500)Finalement, je pense que la ville a joué un grand rôle dans mon expérience car il y avait toujours quelque chose à faire, toujours quelqu’un à rencontrer et j’ai même trouvé le temps de m’amuser à faire quelque chose qui n’est pas lié à la crise …
Je me suis fait de bons amis, j’ai travaillé dur et j’ai trouvé de vraies personnes, de bonnes personnes qui ont partagé leurs expériences, nos passions communes venant créer une force plus grande qui espérons-le, nous ferait surmonter les choses.

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Et même si la route des Balkans était «officiellement fermée», rien n’a vraiment changé et nous voyions des personnes arrivant d’Afghanistan, d’Irak, d’Afrique du Nord, etc. tous les jours.exile (409 of 500)

exile (412 of 500)J’ai même découvert que la ville était le point d’arrivée de nombreux autres réfugiés et demandeurs d’asile tels que bosniaques, Kosovars, albanais … (Les populations qui souffrent encore de la chute de la Yougoslavie et de la guerre des Balkans des 90″), exile (411 of 500)mais aussi Ukrainien, Russe, les Iraniens et d’autres personnes qui fuyaient le gouvernement de leur pays pour une quelconque raison, plus souvent en raison du manque de droits de l’homme, de conflits religieux et sociaux ….

 

Chaque jour, au moins 30 à 40 nouveaux arrivants s’entassaient dans l’afghani parc”, le premier espace devant la gare routière et ferroviaire de la capitale. Ensuite, ils arrivaient à miksaliste. Et chaque soir, on pouvait apercevoir ces mêmes personnes dormantes dehors dans le parc ou dans les rues. Ils étaient ravis que le temps devienne plus chaud, même s’il faisait encore froid … et que les choses ne s’arrangeraient pas avec la météo…

Chapitre IX – Dimitrov Grad – Serbie

Dimitrovgrad, Serbie

C’est le moyen le plus simple … La sortie la plus proche de l’enfer Bulgare situé à 40 km à l’est de Sofia, aux frontières serbes. La petite ville de Dimitrovgrad est le premier endroit où les réfugiés s’échouent après avoir traversé illégalement la frontière bulgare pour entrer en Serbie. Plus village que ville, l’endroit est installé dans une vallée, entouré de collines et de montagnes. La seule spécificité de la ville était sa gare et sa station de police qui a fait de l’endroit, le premier point de contrôle, le premier «camp» en Serbie.

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Les réfugiés venaient à Dimitrovgrad, la plupart à pied, mais certains d’entre eux arrivaient par des taxis (aidés à atteindre Dimitrovgrad via un restaurateur local qui a été le premier à être en contact avec eux après leur traversée forestière.) Étonnamment, l’homme avait passé dix ans à travailler en Libye et pouvait parler l’arabe, ce qui le rendait très utile pour les migrants. Et il laissait les voyageurs faibles et épuisés se reposer dans son restaurant et manger quelque chose avant de partir pour Dimitrovgrad.

 

 

Et bien sûr, il était en difficulté avec la police … Il m’a raconté son histoire dans le langage corporel universel : «police» «mauvais» «troubles» … Pas besoin de plus d’explications, je savais de quelle histoire il s’agissait et, d’une certaine manière, cela m’a rendu triste de réaliser à nouveau qu’on commence toujours à être en difficulté une fois qu’on commence à aider et à être humain …

 

 

Et nous avons été confronté à de nombreuses reprises à des accusations de trafic d’êtres humains alors que nous conduisions des réfugiés du camp à la gare ou du centre-ville au camp etc . J’ai compris et vraiment pris la responsabilité de mes actes et je discutais avec beaucoup d’autres bénévoles à ce sujet … Pour certains, c’était vraiment irresponsable et risqué et je le comprenais aussi … En tant que membre d’une ONG, vous ne pouviez pas faire tout ce que vous vouliez, car l’organisation était en quelque sorte responsable de vos actions, de sorte que des actes inconsidérés pouvaient mettre toute l’affaire en difficulté. Mais en prenant cette responsabilité par nous-mêmes, nous assumions d’agir en tant qu’individu et non comme membre d’une organisation, car parfois il vaut mieux faire les choses par soi-même.

Et ici, à Dimitrovgrad, les autorités étaient plus fortes, moins faciles que les autres endroits où je travaillais.

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Le point de contrôle était mené par la police et les ONG n’étaient pas autorisées à entrer dans le camp … Quelques-unes (toujours les plus grosses avec plus d’argent) ont été autorisés à fonctionner autour du poste de police, ou le camp précaire et la zone d’enregistrement ont été installés. Les autres groupes comme Praxis, le Conseil des réfugiés danois, Info Park où I’m Human Organisation (dont je faisais partie) ont dû attendre et fonctionner en dehors de l’endroit … Nous étions debout sur les clôtures, en regardant ces personnes être vérifiées, estampillées, enregistrées, envoyées au camp et renvoyées en Bulgarie ou autorisées à continuer… et tout cela se passait devant nous … sans que nous ne puissions rien faire. La plupart du temps, nous attendions que les réfugiés viennent nous rencontrer à la porte (s’ils y été permis) afin de connaître leurs besoins, leur histoire, etc…

 

 

Nous leur apportions les produits demandés, tels que les vêtements, les médicaments, les aliments, etc. … en travaillant de manière étroite et efficace avec les gars de l’organisation Praxis.

 

 

Au moment où je rencontrais i’m Human Organisation pour la première fois, ils fonctionnaient encore à l’extérieur du camp, installés dans une petite camionnette comme la mienne qui était réorganisée en petit conteneur de dons. C’était inhumain de travailler de la sorte avec ce climat merdique à Dimitrovgrad … jours pluvieux, vent froid et nuit gelée … Mais, lorsque je suis arrivé e tant que bénévole avec eux une semaine après, Tarek (le chef des opérations est fondateur de l’organisation) ait réussi à apporter un conteneur digne de ce nom et à mettre en place un espace de stockage efficace, une zone de collecte et tout le nécessaire pour l’organisation.

 

 

Et l’ONG avait également un groupe de bénévoles impliqué … Le siège de l’ONG était une maison près de la gare de Dimitrovgrad où les bénévoles pouvaient se rassembler, manger et se reposer. Au moment où je travaillais là-bas, nous étions 8 volontaires, venant de Bosnie, Hongrie, Argentine, Pologne, Italie, Allemagne, Serbie … et en France. Comme je ne voulais pas les déranger avec la question du logement j’ai passé tout le temps à dormir dans la fourgonnette comme j’en avais l’habitude. Je pourrais dire maintenant que je peux m’habituer à tout type de situation précaire et à dormir presque dans toutes les conditions, presque partout … et c’était rude parfois car les températures étaient assez faibles la nuit et le temps était merdique a souhait … Je passais de complètement mouille à complètement gelé. Certains “shifts” du matin étaient si froids que vous pouviez à peine bouger les doigts ou ressentir vos pieds.

 

 

Pourtant, nous nous occupions et nous poursuivions, en conseillant les réfugiés, les accompagnant tout au long de leur processus, depuis l’arrivée du camp jusqu’au départ de la gare pour ceux qui pouvaient passer par la Serbie et continuer leur voyage.

 

 

Le train de Dimitrovgrad allait à Belgrade, en passant par Nis et était un train de 9 heures qui coûtait cher aux réfugiés (pour ceux qui pouvaient se le permettre.) Si aucun train ne partait, les réfugiés «autorisés» à aller de l’avant pouvaient prendre le bus qui coûtait encore plus cher. Mais de toute façon, soit en train soit en bus … de moins en moins de réfugiés étaient autorisés à continuer … Quelques-uns (seuls des Syriens et des Irakiens) continuaient à traverser en toute sécurité …

Les autres, les Afghans, les Pakistanais, les Marocains, les Iraniens, etc. été renvoyé immédiatement en Bulgarie.

Et la situation s’aggravait, et même si nous essayions vraiment de les aider à passer, nous ne pouvions voir aucune amélioration … aucun espoir qu’ils atteignent leur objectif. Et je me sentais mal de ne pas leur dire que les choses allaient s’améliorer … de ne pas pouvoir mentir ….

 

 

Nous étions aussi perdus qu’eux, nous ne pouvions leur dire ce qui se passait, leur donner des informations sur l’évolution des choses car tout était également flou pour nous. Et j’ai quitté la ville avec peu d’espoirs, mais toujours, en allant à l’étape suivante de mon voyage; Le tournage de la vidéo musicale pour le groupe macédonien Khara qui composait également la bande sonore de ce documentaire, puis Belgrade, la capitale de la Serbie.