Chapitre XI – Sid – Serbie

Sid.

Nous avons quitté Belgrade avec une autre volontaire pour nous rendre à la frontière serbo-croate à proximité de la petite ville de Sid. Après un trajet de 2 heures, nous sommes arrivés à l’endroit où nous avons été accueillis par Aleksandra, responsable du groupe humanitaire de la “Tchèque-team” de l’ONG “People In Need”.

 

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J’avais rencontré Aleksandra une semaine plus tôt dans une réunion à Belgrade concernant la situation des réfugiés à la frontière et j’étais désireux d’en savoir plus sur leurs conditions là-bas maintenant que ces frontières étaient fermées … D’une certaine manière, je m’attendais à ce que la situation soit pire que cela, plus chaotique …

Aleksandra m’a raconté les détails des conditions humanitaires des réfugiés durant les dernières semaines. Ils me semblaient avoir reçu un bon traitement. Sur les camps qui restaient dans Sid, nous opérions à Adasid, un motel et un garage près d’une station-service sur la route E70 menant à Zagreb et à Presovat qui était un ancien hôpital construit près de la forêt qui a été transformé en un lieu pour les réfugiés maintenant coincés là.

Maintenant que la frontière était fermée, personne ne pouvait plus aller de l’avant … Tous les migrants étaient bloqués là sans savoir quoi faire, où aller, quand partir etc. Ce qui m’aurait rendu extrêmement inquiet. Pourtant jusqu’à présent, ils semblaient bien s’acclimater à cette situation délicate et je les trouvais plus relax et calmes que prévu. Le fait qu’ils restent dans des bâtiments appropriés et approximattivement propre devait les aider à ne pas devenir fous et à essayer quelque chose de bête. Pourtant, nous pouvions voir des taxis aller et venir pendant la journée, ce qui signifiait que, même avec les frontières fermées, les gens continuaient à traverser, en utilisant des passeurs et les trafficants au lieu de la voie officielle.

Les camps étaient moins peuplés jour après jour … Les gens s’en allaient.

Seules les grandes familles restaient là, bloquées … Ne pouvant progresser davantage en raison des enfants ou du manque d’argent. Cela ne signifiait pas pour autant que nous n’ayons rien à faire, loin de la … En fait, c’était même le contraire, alors que les gens dans l’organisation étaient sur le point de quitter l’endroit. Nous avions besoin de jouer avec les enfants tous les jours. Nous devions régler les différents problèmes des familles, etc. Supprimer et nettoyer tous les aires de stockage (que l’organisation utilisait depuis 5 mois) afin d’envoyer les vêtements et les dons à Idomeni où ils étaient plus nécessaires.

Les derniers jours à la frontière ont été étranges et tristes, car je savais que j’allais retourner en Europe de l’Ouest, en France … Et j’avais tout, sauf envie de perdre mon but, revenir au confort, au moderne et soi-disant “monde civilisé” … Et je ne voulais pas … Je ne pouvais plus faire face à l’ignorance, après avoir connu le désordre que mes pays répandaient autour d’eux …

Je me sentais mourir en passant, à rebours, les frontières … sans aucun problème “moi”… En retournant triste et déprimé vers l’Europe, toutes les personnes que j’ai rencontrées et aidées étaient avec moi mais ne pouvaient traverser …
Situation ironique ….

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Chaptire IV – Tabanovce – Macedoine

Kumanovo

Il est délicat de parler de la situation des réfugiés ici en Macédoine, il semble que la plupart des gens soit contre les migrants.

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Je ne peux pas leur en vouloir ; La Macédoine (FYROM) doit être l’un des pays les plus pauvres des Balkans et le salaire moyen est à peine supérieur à 300-400 € …

Dans cette situation, évidemment, prendre soin de vous et de votre famille est beaucoup plus difficil que dans les autres pays et, avant d’aider les étrangers, je comprends que les Macédoniens s’occupent de leur propre vie, ce qui n’est pas simple ici.

 

C’est pourquoi je pense que la plupart d’entre eux pourraient voir la crise des réfugiés comme une menace … inquies pour leur vie, craingnant de perdre leur emploi et leur seule source de revenus … Les Macédoniens ont peur des réfugiés et des migrants … les considèrent comme des gitans et des voleurs contrairement  à des victimes de guerre et une population impuissante.

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Et il est difficile de parler de ça … et je dois être aussi trop impliqué et peut-être idéaliste dans la façon dont je vois ces gens …

– “ils sont violents”

– “Fuck-vous, tout le monde est violent et le monde est plein de bêtises et de pauvreté, pourquoi ces personnes seraient plus propices à la violence que notre société armée jusqu’aux dents?”

– “Il y a beaucoup de terrorisme parmis eux…”

– “Peut-être 1 sur 10000 … Mais les terroristes sont aussi la première causes de leur exil, pourquoi deviendraient-ils leurs propres bourreaux ?

Et cela pourrait continuer sans fin comme ça, et au final, je suis fatigué de discuter avec les gens et d’être considéré comme un Hippie Français idéaliste qui pense que tout est bon et beau dans ce monde.

Bien sûr, ce n’est pas le cas, et c’est pourquoi nous devons nous battre et nous sensibiliser et aider à changer la façon dont le monde tourne.

 

 

Organisations

C’est un processus difficile de traverser ces différents pays, différentes ONG et camps, etc. C’est comme essayer de créer quelque chose avec rien. Construire un réseau à travers ce désordre, essayer de joindre, contacter une entité. De les lier ensemble est un travail super compliqué et je narrive pas comprendre ce manque de communication.

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Il n’y a aucune information entre les camps, pas de coopération …

Heureusement, les gens ne sont pas si stupides, se sont organisés en ligne et je suis heureux de voir que Facebook est utilisé enfin de manière utile par rapport à la plupart des usages que les gens en faisaient quotidiennement.

J’ai été étonné de constater que même les équipes d’ONG comptent plus sur les infos des médias sociaux que sur leurs propres données.

Internet reste encore une fois, le moyen le plus efficace de connecter tous les bénévoles, les camps, les ONG, etc. … Ensemble.

Et cela me donne l’espoir pour le futur d’une certaine manière, car les gens se rendent compte que la technologie peut être utilisée pour le bien de l’humanité et pas seulement pour faire n’importe quoi …

 

 

Bénévolat

Être bénévole dans le camp n’est pas si facile même si nous sommes entourés de personnes dans des situation 10 fois plus contraigantes et rudes que les nôtres.

Nous venons des quatre coins du globe, voulons aider, partageons des idéaux communs même avec des cultures et des idées différentes … nous sommes liés ensemble, vivons ensemble au rythme des trains, de la course, de la construction, de la cuisine, de l’information sur le flux des migrants …

Quand les choses se calment, nous sommes calmes … quand la tornade remprend, nous reprenons … Nous vivons au rythme du camp, qui devient notre propre vie parfois …

Pour être volontaire, vous devez être en quelque sorte dévoué à ces personnes, de tout votre coeur et esprit … Les choses ne se passent pas seulement sur le terrain, mais aussi dans la vie à côté … Leurs histoires, leurs visages, leurs voix sont partout, toujours en écho dans votre esprit …

Parfois, je rêvais des camps, des personnes qui passaient, j’ai faisait des cauchemars horribles aussi … Parfois, je m’étonne aussi du manque de leur présence, de leurs voix et des langues qu’ils parlent … Ils deviennent une partie de vous-même, votre vie et votre temps deviennent, en quelque sorte, liés aux leurs.

Vous n’êtes pas bénévole parce que c’est cool, ou parce que c’est gratifiant ou quoi que ce soit … Vous êtes impliqué parce qu’il est nécessaire et vous vous sentez responsable …

 

 

Nous avons tous des raisons différentes et diverses pour nous impliquer ; La volonté d’aider, la volonté de sensibiliser et de donner l’espoir, le sentiment d’être utile et d’aider à améliorer une bonne cause …

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En ce qui me concerne, je donnerais tous ces arguments, mais aussi un plus particulier et blessant : je me sent personnellement coupable et responsable pour mon pays en Europe qui ne les aide pas et ne fait même pas semblant de faire quelque chose …

Je me sens responsable et coupable quand j’entends dire que les pays de l’UE ferment leurs frontières, renvoient les migrants sans aucunes raisons …

Je me sens coupable pour le français, pour le britannique, pour le Hongrois, Bulgare, Macédonien, etc … Coupable pour toute cette stupidité et cette colère qui conduit les gens à fermer leurs portes ainsi aue leur esprit.

Basel m’a demandé une fois si je me sentais utile dans les camps … pour être honnête, pas vraiment … Je ne me sens pas utile de faire en sorte que la situation soit juste “OK” au jour le jour et je me sentirais utile quand je verrais un peu d’améliorations dans le monde  … 

Je ne me sens perdu dans ce vent de lutte, d’impuissance et de tristesse …

Je ne suis pas bénévole pour me sentir utile, je donnes toute ma personne à cette cause parce que c’est juste, parce que c’est notre devoir d’aider , parce que c’est notre faute …  La société occidentale a aussi créé ce chaos.

Etre utile ne veut pas dire que je change tout ce que je pense, tout ce aue je suis … et à la fin de la journée, je suis juste un petit point perdu dans cette mer … mais sa ne suffit pas. Et je me sentirais utile le jour où j’aiderais à créer un véritable changement.

Chaptire III – Slavonski Brod – Croatie

5.20 du matin, le téléphone sonna et je me réveillais sur le siège avant du van, mon lit pour la plupart de mes nuits ces derniers jours.
En dehors le ciel est limpide, le genre de ciel d’hiver froid et mortel …
J’ai gelé toute la nuit, essayant de dormir sur la banquette avant de Marcel dans le seul endroit libre que j’ai pu trouver, le reste du camion étant blindé de donations.
Garé en face de la gare, je voyais tous ces trains aller vers une destination inconnue … et j’imaginais déjà ces trains plein de migrants que je rencontrerais quelques heures plus tard.
Et le soleil arriva enfin … le matin, un café et une cigarette, puis je suis parti au camp.

L’endroit n’était pas facile à trouver et après 30 bonnes minutes de recherche, j’arrivais enfin aux portes du camp de Slavonski Brod, à la périphérie de la ville.
Comment le décrire … bien, c’est un mélange d’un terrain de camping et d’une base militaire.

Tout d’abord, j’ai été frappé par le nombre de flics alentour, tous portant des armes à feu, bien sûr, et par dessus tout pas très amical et bavard.
D’une certaine manière, vous pouviez ressentir la tension dans l’air, lorsque je suis arrivé, c’était le jour où la Slovénie et l’Autriche devaient fermer leur frontière avec la Croatie.
Je suppose que tout le monde ici n’était pas sûr de la suite des évenements.

Je suis passé par les tâches administratives et me suis inscrit auprès de mes nouveaux collègues allemands Sophia et Félina.
Simon et Christian, les gars qui dirrigaient l’ONG IHA étaient avec nous aussi et nous ont fait un tour rapide du camp.

 
 
Le camp était séparé en 6 secteurs différents pour héberger les réfugiés, d’autres tentes logaient les ONG comme la Croix-Rouge, Care, UNICEF etc …
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Et «la captation d’images était formellement interdit dans le camp» alors je ne savais pas à quoi m’attendre.
Mais j’étais plus là pour aider que pour obtenir des photos et, donc, je suis allé dans la partie où tous les vêtements et les dons étaient triés et j’ai commencé “bouffer du tri” avec Sophia et Felina.

Des trains passaient sporadiquement à travers les portes du camp, transportant des migrants à l’intérieur et à l’extérieur.

Et à 14 heures : la Slovénie et l’Autriche fèrmerent leur frontière.

Et nous nous attendions à ce que 2500 réfugiés restent ici dans le camp, pour Dieu savait combien de jours … tout le monde était nerveux, bien sûr, mais nous devions continuer à stocker et à trier les vêtements, sac après sac, boîte après boîte …

Et j’ai conduit la camionnette à l’intérieur pour apporter la première partie de ce que j’ai  recueilli sur le chemin, et je me sentais fier de reconnaître certaines des dons et de savoir que ceci venait de cette personne et cela d’une autre.

Mais le camion n’était toujours pas vide après la première vague …

 

Ensuite, le dernier train du jour passa avec toutes les personnes à l’intérieur et nous Courûmes au premier secteur pour leur apporter des couvertures, des vêtements chauds, etc. … tandis que la nuit venait avec le froid.

Et nous sommes entrés dans les tentes … et c’était effrayant de voir tous ces gens là-bas … impuissants, désespérés, fatigués, paniqués et sans aucune réponse à leurs questions.

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“Où sommes-nous? ” “Quand partons-nous? “” Où nous nous arrêtons ensuite? “

“Je ne sais pas.” “Vous êtes en Croatie. “” Je ne peux pas vous le dire. “” J’espère … “c’était la seule chose que nous pourrions répondre.

 
 
 

La seule chose que nous pouvions faire était de leur demander s’ils avaient besoin de «vêtements»? Un pantalon? Chaussures? Quelle taille? As-tu mangé quelque chose? Etc . et après quelques notes rapides sur une feuille de papier, se précipiter dans les conteneurs, obtenir les donations et les amener aussi vite que possible en face de toutes ces personnes se rassemblant autour de vous pour essayer d’obtenir quelque chose … n’importe qu’elle chose …

Et, par chance, cela n’a pas duré longtemps et les milliers de personnes ne passèrent que 30 minutes dans le camp et partèrent en Slovaquie dans un autre train.

Frontières ouvertes de nouveau ? De sacrés chanceux …

 
Et je suis content que notre shift se termine de cette façon … pour une fois …

 

Chapter XIII – Calais – France

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Being in Calais is weird.
It’s like being in your country surrounded by foreigners.
All around, British people gathering here to help.
Just a few french ..

Why ? Why do the British feels more incline to help than the French ?
Why aren’t we helping in our own country ?
I’d say that they are feeling as ashamed than we are regarding the way our respective government is behaving, the only thing is that they’re here … in France.
Where are the French ?

 

And it’s weird talking English all day long even though you get use to it… it feels like strange to see more British cars than French ones …
I’d say that the frontier is so close to England that they’re all making the ride to Calais but the trip is as long as coming from Paris to here so …
Really I couldn’t tell …

 

And it’s maybe coming from this British gypsy way of life as you can experience in the “Auberge Des Migrants” area, which is kind of a mix between humanitarian space and gypsy area for travellers of all kind.
Here, I mostly met people like me, living remotely in their cars or van, dealing with nomadic life everyday but helping 10hours a day though …
Here in the place, we’re about 40 people living in our caravans, so we’re like a tiny community living 24/24h per day on the field.
Many other volunteers were going back to their place every evening but not us … we’re here all time and that was maybe bringing us something more …
Maybe it was different than simply going to work everyday as you could feels part of something bigger … one kind of family.

And the days are passing as quick as usual, it’s already the fourth day that I’m spending here and the work is endless like always …

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Honestly I’m not fancy going to the jungle everyday if there’s nothing to do over there … I spent some times around though, going to the jungle books area which is the teaching area and the library of the camp … A lot of volunteers were going there trying to teach english or french to the migrants, unfortunately they’re passing by so quickly that no long educational projects could grow up there. Having people willing to teach and interact with migrants was good (and I’m sure there might be longer term volunteers who may comes everyday to teach) but the turn over was too disturbing and you could not expect to be given class for a long period of time.

Beside of it the “Auberge Des Migrants” was doing everything : cooking, sorting clothes, hygienic products, fixing tents to give to the migrants, providing all the gears needed in the jungle, building and fixing shelters for the people (even though it was not allowed anymore due to the CRS who where stopping the convoys)… everyday.
The place was a bit like a factory where 200 people where working from 7am to 6pm …

The ”Auberge Des Migrants” was also providing wood to all of the migrants trapped in the camp through the “Woodyard” organisation which was taking care about the entire process.

Basically the organisation was receiving tons of wood everyday, coming from supermarkets, dumps or other places … we had to chop the wood into little pieces.

After we had to use the machines to chop pieces that could fit into bags and soba … after chopping all the wood, we had to put all of the little pieces into bags to put them in our truck and then to distribute them in the camp.

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The distribution is something tiring.
Driving through the streets of the jungle, finding the right place to park the truck in the area we were supposed to distribute (the organisation was deserving one specific area everyday).
Once we got there, we were starting the distribution.

One after one, we were distributing piece of wood to all the people regarding the number  written on their ticket (which meant the number of people in a shelter) .
Daily the Woodyard was providing wood for roughly 2000 people, daily 3 or 4 trucks were going to the jungle to distribute it to the people.
The wood in the jungle is something hugely needed for everyone : to warm up, to cook, to light the place … with the capability to get fire, the migrants were more free to live their own way.

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And I spent the entire week being back and forth between the different section of the “Auberge Des Migrants” warehouse … There, you had always something to do …

And even though we were receiving lot of donations evreyday, even though it was somehow incredible to see this amount of food, clothes, tents, woods or whatever else … Even if the volunteers were working tirelessly every single day … It was far not enough to cover the needs of all the people of the camp …

We would supply goods and support 2000 to 3000 migrants per day … as far as we knew, they were 10000 …

And even if the situation was not as bad as I first expected, we were unsure about the future, the evictions rumors … the thousands of CRS posted all over the place, patrolling … the atmosphere wasn’t peaceful and everyone was under pressure … the migrants, the volunteers, the cops …

I can’t tell what’s going to happen when the eviction will happen, I can’t tell where will be send these people and how the organisation will change the work … I hope it will be for the best even if it doesn’t look like …

Chapter XI – Sid – Serbia

Sid.
We left Belgrade with a fellow volunteer to head to the Serbian Croatian border nearby the little town of Sid.
After a 2hours drive, we arrived at the place where we were welcomed by Aleksandra the team manager of the Czech team humanitarian group settled there.

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I met aleksandra a week earlier in a meeting about the refugees situation at the border and I was eager to know more about their conditions over there now that the borders were closed …
Somehow I expected the situation there to be worse, more chaotic …
Aleksandra told me the details of the last few weeks regarding the refugees conditions, it appeared that they somehow received a good treatment.
Over the camps they were staying around Sid, we operated in Adasid, a motel and garage near a gas station on the E70 motor way leading to Zagreb and presovat which was a former hospital built near the forest which has been turned into a place for the refugees to stay.

As the border was closed, no one could move further … Thy all were stuck there without knowing what to do, where to go, when to go etc… Which would have makes me ultra worried.
But so far, it seemed that they got used to this tricky situation and I found them more relax and calm than I expected.
The fact that they were staying in proper buildings might have helped them not to get crazy and to try something silly.
Still we could see taxis coming along back and forth at some point during the day which meant that even with the closed borders the people were still crossing, using smugglers instead of the official way.
And the camps were less crowded day after day … People were leaving.
Only the big families were staying there, stuck … Enable to move further due to the kids or the lack of money.

Then, it didn’t meant that we were less busy. In fact it was even the way opposite as people in need organisation was about to move out of the place. (somehow useless as the NGO was dealing with emergency situations)
We needed everyday, beside of playing with kids, dealing with people problems etc … Remove and clean all the storage areas the organisation had been using for the last 5 months in order to send the clothes and donations in Idomeni where it was more needed at the time.

So far the last days at the border has been a bit upsetting and sad as I knew I was about to go back to Western Europe, to France and UK … And I felt like loosing my goal, returning back to comfort, to the modern and so called civilised world … And I didn’t wanted to … I couldn’t face it anymore after all that I seen from outside, after having experienced the mess that my countries are spreading around them …
I felt dying passing by the borders backward, without any trouble … Going back sad and depressed to the places all the people I met and helped were willing to reach.
Ironic situation …

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Chapter IV – Tabanovce – Macedonia

Kumanovo

It’s a tricky thing to talk about the refugees situation here in Macedonia as it sounds like most of people are against the migrants.
Though I understand them ; Macedonia (FYROM) might be one of the poorest country in the Balkans and the average wage is barely higher than 300-400€ …

In this situation, of course, taking care of yourself and your family is much trickier than in the other countries and, before helping strangers, I understand that Macedonian wants to care about their own life which is not that simple here.

That’s why I think, most of them might see the refugee crisis as a thread … worried about their lives, worried about losing their job and their only source of incomes … Macedonians seems afraid of refugees and migrants … somehow considering them as gipsies and buglers instead of war victims and helpless population.
And it’s difficult to talk about that … as I might be to involved and maybe to idealistic in the way I’m seeing them …
– “they’re violent”
– “Fuck yourself, everyone is violent and the world is full of dumb and poverty, why would these people would be more incline to violence than our fully armed society ?”
– “Their’s lot of terrorism in these population …”
– “Maybe … but not in the migrants and I’d even say that they’re forced to leave their country
BECAUSE of terrorism … so Refugees = Terrorists … come on guys are you that blind ?”

And it could go endlessly like that, and at the end I’m tired to argue with people and to be seen as a hippy idealistic french guy who think that everything’s good and beautiful in this world.
Of course it’s not, and that’s why we need to fight back and to rise awareness and help to change the way the world is.

Organisations

It’s a difficult process to work your way through these different countries, different NGO and camps etc … It’s like trying to create something out from chaos. Building a network through this mess, trying to reach, to contact an to link entity together is such a complicate work and I can’t believe in this lack of communication.
There’s no informations between camps, no cooperation neither …
Fortunately people aren’t that dumbs and organised themselves online and i’m glad to see that Facebook is used in a better way than it used to be most of the time.
I’ve been amazed to see that even NGO crews are more relying on the social media streams than on their own organisation news.
Th Internet is again the most efficient way to connect all the volunteers, camps, NGO etc… Together.
And it makes me hopeful for the futur in a way, as people realise that technology can be use for the good of mankind and not just to mess around…

Volunteering

To be a volunteer in the camp is not that easy even though we are surrounded by 10 times worse situations and problems …

We’re all coming from anywhere, willing to help, sharing common ideals even with different cultures and ideas … we’re linked together, we’re living together at the tempo of the trains, running, building, cooking, giving regarding the flow of migrants …

Someday when it’s quiet, we’re quiet … when it’s busy, we’re busy … We are living at the camp life rhythm, which becomes our own life sometimes …

To volunteer means that you’re somehow dedicated to these people, all of your person … Is not just happening in the field, but also in the beside life … Their lives, their faces, their voices are all over you, always bright and crystal clear in your mind …

Sometimes I dreamed about the camps, the people passing through, I made horrible nightmares also … Sometimes I surprising myself missing their presence, their voices and the languages they talks … They’re becoming a part of yourself, your life and time somehow linked to their own.

You’re not volunteer because it’s cool, or because it’s rewarding or whatever … You’re involved because it’s needed and you’re somehow feeling like responsible …

We all have different and several reasons to get involved ; the willing to help, the willing to rise awareness and hope, the feeling of being useful and to help improving a right cause … talking about myself I would give all of these but one more specific and hurtful : I personally feels guilty and responsible for my countries in Europe not to help and even try to do something … I personally feels responsible and guilty when I heard that EU countries are closing their borders, are sending back migrants without any dialogue … I feels guilty for French, for British, for Hungarian, Bulgarian, Macedonian etc … Guilty for all of this stupidity and this anger that leads people to close their doors as their minds.

Basel asked me once if I was feeling useful in the camps … to be honest, not really … I’m not feeling useful making the situation just OK in a day to day basis and I’d feel useful when I’d see some global improvements … whatever they could be.

I’m not feeling useful at all, lost in this stream of struggle, helplessness and sadness … I’m not volunteer to feels useful, I’m pushing all of my person on this cause because it’s fair, because it’s our duty to help, because we, as occidental society has created this chaos.

To feels useful doesn’t mean that I’m changing anything I think … and at the end of the day I’m just a little dot lost in this sea, just a tiny light which is trying to glow … but one is not enough and I’d feels useful the day I’d bring people together to help and to create a real change.

Chapter III – Slavonski Brod – Croatia

I’ve been freezing the all night, trying to sleep on the front seat of the van in the only square place I could find.
Park in front of the train station, seeing all these train going to an unknown destination…  and I think I already felt at that moment that these train were full of the migrants I was about to meet few hours later.
And the sun came out at last,  6 the morning,  a coffee and cigarette and then, I went to the camp.
the all structure wasn’t easy to find and after a good 30 min of research I found it at the very end of the city.
How to describe it…  well it’s a mix of a campsite and a military base.
First I’ve been amazed by the number of cops around, all wearing guns of course, not very friendly and talkative.
In a way you could feel the tension in the air, as I arrived the day when Slovenia and Austria were supposed to close their frontier with Croatia.
I guess everyone here wasn’t sure about the next.
I went through the administration duties and registration with my new German co-workers Sophia and Felina.
Simon and Christian, the guys driving the IHA charity organisation were with us as well and gave us a quick tour of the all area.

The camp was separated in 6 different sectors to host the refugees and other tents for the NGO like red cross,  Care, UNICEF and so on…
And as I’ve been told,  “filming was extremely forbidden inside the camp” then I didn’t knew what to expect.
But I was more here to help than to get pictures and so, I went to the area where all the clothes and donations were sorted and I started to make some order with Sophia and Felina.
Couple of train were passing trough the camp doors,  carrying migrants in and out.
And then at 2pm it’s happen:  Slovenia and Austria closed their frontiers.
And we’re expecting 2500 refugees to stay here in the camp for God knows how many days…  everybody was nervous of course, But we continued to store and sort the clothes, bag after bag,  box after box…
And I drove the van inside to bring the first part of what I’ve been collected on the way, and I felt proud somehow to recognize some of the donations and to know that I was coming from this person or another.
But still the truck wasn’t that empty after the first wave…
Then the last train of the day passed with all of the people inside and we ran at the first sector to bring them blankets, warm clothes etc…  as the night was coming with the cold.
And we entered the tents… and it was frightening to see all these people there…  helpless, hopeless,  tired, panicked and without any answer to their questions.
“Where are we? ” “when do we leave? ” “where are we stopping next? “
“I don’t know.” “You’re in Croatia. ” “I can’t tell you. ” “I hope so… ” that was the only things we could answer.

The only thing we could possibly do was to ask them what they needed “clothes?  Pants?  Shoes?  Which size? Did you eat something? Etc…  and then after few quick notes on a sheet of paper, rushing to the container area, get the stuff and to bring  them as quick as possible facing all these people gathering around you to try to get something…  whatervever it could be…
And hopefully it didn’t last long as the thousand people who arrived just spend 30 min in the camp and then leave to slovenia in another train.
Lucky guys those one…

And i’m glad our shift finished that way…  till the next day.

Eight day
5.20am, the phone alarme rang and i woke up in the front seat of the van were i spend most of my night for the last days.
Outside the sky is crystal clear,  the kind of deadly cold winter skies…
Mixed with blizzard,