Chapitre XI – Sid – Serbie

Sid.

Nous avons quitté Belgrade avec une autre volontaire pour nous rendre à la frontière serbo-croate à proximité de la petite ville de Sid. Après un trajet de 2 heures, nous sommes arrivés à l’endroit où nous avons été accueillis par Aleksandra, responsable du groupe humanitaire de la “Tchèque-team” de l’ONG “People In Need”.

 

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J’avais rencontré Aleksandra une semaine plus tôt dans une réunion à Belgrade concernant la situation des réfugiés à la frontière et j’étais désireux d’en savoir plus sur leurs conditions là-bas maintenant que ces frontières étaient fermées … D’une certaine manière, je m’attendais à ce que la situation soit pire que cela, plus chaotique …

Aleksandra m’a raconté les détails des conditions humanitaires des réfugiés durant les dernières semaines. Ils me semblaient avoir reçu un bon traitement. Sur les camps qui restaient dans Sid, nous opérions à Adasid, un motel et un garage près d’une station-service sur la route E70 menant à Zagreb et à Presovat qui était un ancien hôpital construit près de la forêt qui a été transformé en un lieu pour les réfugiés maintenant coincés là.

Maintenant que la frontière était fermée, personne ne pouvait plus aller de l’avant … Tous les migrants étaient bloqués là sans savoir quoi faire, où aller, quand partir etc. Ce qui m’aurait rendu extrêmement inquiet. Pourtant jusqu’à présent, ils semblaient bien s’acclimater à cette situation délicate et je les trouvais plus relax et calmes que prévu. Le fait qu’ils restent dans des bâtiments appropriés et approximattivement propre devait les aider à ne pas devenir fous et à essayer quelque chose de bête. Pourtant, nous pouvions voir des taxis aller et venir pendant la journée, ce qui signifiait que, même avec les frontières fermées, les gens continuaient à traverser, en utilisant des passeurs et les trafficants au lieu de la voie officielle.

Les camps étaient moins peuplés jour après jour … Les gens s’en allaient.

Seules les grandes familles restaient là, bloquées … Ne pouvant progresser davantage en raison des enfants ou du manque d’argent. Cela ne signifiait pas pour autant que nous n’ayons rien à faire, loin de la … En fait, c’était même le contraire, alors que les gens dans l’organisation étaient sur le point de quitter l’endroit. Nous avions besoin de jouer avec les enfants tous les jours. Nous devions régler les différents problèmes des familles, etc. Supprimer et nettoyer tous les aires de stockage (que l’organisation utilisait depuis 5 mois) afin d’envoyer les vêtements et les dons à Idomeni où ils étaient plus nécessaires.

Les derniers jours à la frontière ont été étranges et tristes, car je savais que j’allais retourner en Europe de l’Ouest, en France … Et j’avais tout, sauf envie de perdre mon but, revenir au confort, au moderne et soi-disant “monde civilisé” … Et je ne voulais pas … Je ne pouvais plus faire face à l’ignorance, après avoir connu le désordre que mes pays répandaient autour d’eux …

Je me sentais mourir en passant, à rebours, les frontières … sans aucun problème “moi”… En retournant triste et déprimé vers l’Europe, toutes les personnes que j’ai rencontrées et aidées étaient avec moi mais ne pouvaient traverser …
Situation ironique ….

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Chaptire III – Slavonski Brod – Croatie

5.20 du matin, le téléphone sonna et je me réveillais sur le siège avant du van, mon lit pour la plupart de mes nuits ces derniers jours.
En dehors le ciel est limpide, le genre de ciel d’hiver froid et mortel …
J’ai gelé toute la nuit, essayant de dormir sur la banquette avant de Marcel dans le seul endroit libre que j’ai pu trouver, le reste du camion étant blindé de donations.
Garé en face de la gare, je voyais tous ces trains aller vers une destination inconnue … et j’imaginais déjà ces trains plein de migrants que je rencontrerais quelques heures plus tard.
Et le soleil arriva enfin … le matin, un café et une cigarette, puis je suis parti au camp.

L’endroit n’était pas facile à trouver et après 30 bonnes minutes de recherche, j’arrivais enfin aux portes du camp de Slavonski Brod, à la périphérie de la ville.
Comment le décrire … bien, c’est un mélange d’un terrain de camping et d’une base militaire.

Tout d’abord, j’ai été frappé par le nombre de flics alentour, tous portant des armes à feu, bien sûr, et par dessus tout pas très amical et bavard.
D’une certaine manière, vous pouviez ressentir la tension dans l’air, lorsque je suis arrivé, c’était le jour où la Slovénie et l’Autriche devaient fermer leur frontière avec la Croatie.
Je suppose que tout le monde ici n’était pas sûr de la suite des évenements.

Je suis passé par les tâches administratives et me suis inscrit auprès de mes nouveaux collègues allemands Sophia et Félina.
Simon et Christian, les gars qui dirrigaient l’ONG IHA étaient avec nous aussi et nous ont fait un tour rapide du camp.

 
 
Le camp était séparé en 6 secteurs différents pour héberger les réfugiés, d’autres tentes logaient les ONG comme la Croix-Rouge, Care, UNICEF etc …
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Et «la captation d’images était formellement interdit dans le camp» alors je ne savais pas à quoi m’attendre.
Mais j’étais plus là pour aider que pour obtenir des photos et, donc, je suis allé dans la partie où tous les vêtements et les dons étaient triés et j’ai commencé “bouffer du tri” avec Sophia et Felina.

Des trains passaient sporadiquement à travers les portes du camp, transportant des migrants à l’intérieur et à l’extérieur.

Et à 14 heures : la Slovénie et l’Autriche fèrmerent leur frontière.

Et nous nous attendions à ce que 2500 réfugiés restent ici dans le camp, pour Dieu savait combien de jours … tout le monde était nerveux, bien sûr, mais nous devions continuer à stocker et à trier les vêtements, sac après sac, boîte après boîte …

Et j’ai conduit la camionnette à l’intérieur pour apporter la première partie de ce que j’ai  recueilli sur le chemin, et je me sentais fier de reconnaître certaines des dons et de savoir que ceci venait de cette personne et cela d’une autre.

Mais le camion n’était toujours pas vide après la première vague …

 

Ensuite, le dernier train du jour passa avec toutes les personnes à l’intérieur et nous Courûmes au premier secteur pour leur apporter des couvertures, des vêtements chauds, etc. … tandis que la nuit venait avec le froid.

Et nous sommes entrés dans les tentes … et c’était effrayant de voir tous ces gens là-bas … impuissants, désespérés, fatigués, paniqués et sans aucune réponse à leurs questions.

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“Où sommes-nous? ” “Quand partons-nous? “” Où nous nous arrêtons ensuite? “

“Je ne sais pas.” “Vous êtes en Croatie. “” Je ne peux pas vous le dire. “” J’espère … “c’était la seule chose que nous pourrions répondre.

 
 
 

La seule chose que nous pouvions faire était de leur demander s’ils avaient besoin de «vêtements»? Un pantalon? Chaussures? Quelle taille? As-tu mangé quelque chose? Etc . et après quelques notes rapides sur une feuille de papier, se précipiter dans les conteneurs, obtenir les donations et les amener aussi vite que possible en face de toutes ces personnes se rassemblant autour de vous pour essayer d’obtenir quelque chose … n’importe qu’elle chose …

Et, par chance, cela n’a pas duré longtemps et les milliers de personnes ne passèrent que 30 minutes dans le camp et partèrent en Slovaquie dans un autre train.

Frontières ouvertes de nouveau ? De sacrés chanceux …

 
Et je suis content que notre shift se termine de cette façon … pour une fois …

 

Chaptire II – Zagreb – Croatie

Zagreb a une population d’un million d’habitants, heureusement je suis arrivé après l’ heure de pointe et l’avenue principale “slavenski” était de nouveau praticable. Alors je suis allé à un McDonald comme chaque nomade digitale qui doit chopper une connexion WiFi sur le tas. J’ai rafraîchi le GPS pour trouver l’appart’ de Petra, envoyer un SMS aux amis et la famille (c’est à ce moment que j’ai entendu parler de l’attaque de Paris en ce jour du 15 novembre).

 

Rien de mieux pour vous garder d’humeur …

Bref, je suis parti et suis allé chez Petra où nous nous sommes rencontrés.


Petra est graphiste et photographe, nous avons été en contact via Internet grâce à notre participation commune au projet musical ‘Vly’, puis, comme je planifiaisde passer dans la ville, nous avons prévu de nous rencontrer là.

Le lendemain de mon arrivée, nous sommes allés chercher l’organisation appelée «Are You Syrious».

Ces gars avaient parcourus toute la ville pour recueillir des dons, pour les stocker dans leur entrepôt dans le quartier de Medika.

Comme le côté administratif du travail humanitaire était un tel bordel, ils n’avaient été autorisés qu’à simplement apporter leurs dons aux portes des camps.

En plus de cela, pour améliorer l’aide et toujours être se rendre utiles dans cette situation compliquée, ils collectaient, analysaient et partageaient toutes les informations concernant la route des Balkans.

 

Et j’ai découvert pour la première fois combien c’était crucial.

Comme je l’ai vécu plus tard tout au long du chemin, l’information était quelque chose que vous deviez prendre au sérieux à n’importe-quel moment.

Et nous travaillâmes ensemble avec les gars de l’entrepôt de Medika, et alors que nous étions en train de trier et d’emballer les vêtements, etc. … Nous discutions de la possibilité pour moi de poursuivre mon chemin efficacement.

Je ne savais pas à l’époque que nous étions sur le point de rester en contact sur le Web et les réseaux tout au long de mon voyage.

Je leur demandais toujours des conseils sur la prochaine étape de mon voyage, et toujours ils répondaient, me proposant des contacts, des lieux et des choses utiles à faire et à réfléchir.

Je dirais que “Are You Syrious” est encore aujourd’hui l’une des meilleures ressource pour les bénévoles et sur qui tout le monde peut compter pour avoir les nouvelles du terrain mises à jour au quotidien.

Chapter XI – Sid – Serbia

Sid.
We left Belgrade with a fellow volunteer to head to the Serbian Croatian border nearby the little town of Sid.
After a 2hours drive, we arrived at the place where we were welcomed by Aleksandra the team manager of the Czech team humanitarian group settled there.

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I met aleksandra a week earlier in a meeting about the refugees situation at the border and I was eager to know more about their conditions over there now that the borders were closed …
Somehow I expected the situation there to be worse, more chaotic …
Aleksandra told me the details of the last few weeks regarding the refugees conditions, it appeared that they somehow received a good treatment.
Over the camps they were staying around Sid, we operated in Adasid, a motel and garage near a gas station on the E70 motor way leading to Zagreb and presovat which was a former hospital built near the forest which has been turned into a place for the refugees to stay.

As the border was closed, no one could move further … Thy all were stuck there without knowing what to do, where to go, when to go etc… Which would have makes me ultra worried.
But so far, it seemed that they got used to this tricky situation and I found them more relax and calm than I expected.
The fact that they were staying in proper buildings might have helped them not to get crazy and to try something silly.
Still we could see taxis coming along back and forth at some point during the day which meant that even with the closed borders the people were still crossing, using smugglers instead of the official way.
And the camps were less crowded day after day … People were leaving.
Only the big families were staying there, stuck … Enable to move further due to the kids or the lack of money.

Then, it didn’t meant that we were less busy. In fact it was even the way opposite as people in need organisation was about to move out of the place. (somehow useless as the NGO was dealing with emergency situations)
We needed everyday, beside of playing with kids, dealing with people problems etc … Remove and clean all the storage areas the organisation had been using for the last 5 months in order to send the clothes and donations in Idomeni where it was more needed at the time.

So far the last days at the border has been a bit upsetting and sad as I knew I was about to go back to Western Europe, to France and UK … And I felt like loosing my goal, returning back to comfort, to the modern and so called civilised world … And I didn’t wanted to … I couldn’t face it anymore after all that I seen from outside, after having experienced the mess that my countries are spreading around them …
I felt dying passing by the borders backward, without any trouble … Going back sad and depressed to the places all the people I met and helped were willing to reach.
Ironic situation …

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Chapter III – Slavonski Brod – Croatia

I’ve been freezing the all night, trying to sleep on the front seat of the van in the only square place I could find.
Park in front of the train station, seeing all these train going to an unknown destination…  and I think I already felt at that moment that these train were full of the migrants I was about to meet few hours later.
And the sun came out at last,  6 the morning,  a coffee and cigarette and then, I went to the camp.
the all structure wasn’t easy to find and after a good 30 min of research I found it at the very end of the city.
How to describe it…  well it’s a mix of a campsite and a military base.
First I’ve been amazed by the number of cops around, all wearing guns of course, not very friendly and talkative.
In a way you could feel the tension in the air, as I arrived the day when Slovenia and Austria were supposed to close their frontier with Croatia.
I guess everyone here wasn’t sure about the next.
I went through the administration duties and registration with my new German co-workers Sophia and Felina.
Simon and Christian, the guys driving the IHA charity organisation were with us as well and gave us a quick tour of the all area.

The camp was separated in 6 different sectors to host the refugees and other tents for the NGO like red cross,  Care, UNICEF and so on…
And as I’ve been told,  “filming was extremely forbidden inside the camp” then I didn’t knew what to expect.
But I was more here to help than to get pictures and so, I went to the area where all the clothes and donations were sorted and I started to make some order with Sophia and Felina.
Couple of train were passing trough the camp doors,  carrying migrants in and out.
And then at 2pm it’s happen:  Slovenia and Austria closed their frontiers.
And we’re expecting 2500 refugees to stay here in the camp for God knows how many days…  everybody was nervous of course, But we continued to store and sort the clothes, bag after bag,  box after box…
And I drove the van inside to bring the first part of what I’ve been collected on the way, and I felt proud somehow to recognize some of the donations and to know that I was coming from this person or another.
But still the truck wasn’t that empty after the first wave…
Then the last train of the day passed with all of the people inside and we ran at the first sector to bring them blankets, warm clothes etc…  as the night was coming with the cold.
And we entered the tents… and it was frightening to see all these people there…  helpless, hopeless,  tired, panicked and without any answer to their questions.
“Where are we? ” “when do we leave? ” “where are we stopping next? “
“I don’t know.” “You’re in Croatia. ” “I can’t tell you. ” “I hope so… ” that was the only things we could answer.

The only thing we could possibly do was to ask them what they needed “clothes?  Pants?  Shoes?  Which size? Did you eat something? Etc…  and then after few quick notes on a sheet of paper, rushing to the container area, get the stuff and to bring  them as quick as possible facing all these people gathering around you to try to get something…  whatervever it could be…
And hopefully it didn’t last long as the thousand people who arrived just spend 30 min in the camp and then leave to slovenia in another train.
Lucky guys those one…

And i’m glad our shift finished that way…  till the next day.

Eight day
5.20am, the phone alarme rang and i woke up in the front seat of the van were i spend most of my night for the last days.
Outside the sky is crystal clear,  the kind of deadly cold winter skies…
Mixed with blizzard,

Chapter II – Zagreb – Croatia

Zagreb has a million people population,  fortunately I arrived after the rush hour and the traffic was quite smooth on the main avenue “slavenski “. Then I went to a McDonald as every digital nomad when you need to catch a Wi-Fi connection,  I refreshed the sat nav to find the proper place of Petra, send some text message to friends and family and then first heard about the horrible I took a coffee and checked the connection. Paris attack when they told me.

 

 

Such a nice thing to keep you on the mood…
Well,  I kept going and went the Petra place where we met.

 

 

Petra is a graphic designer and photographer from the city, we’ve been in touch through the internet thanks to our common participation in the vly musical project and then as was about to come to the city, we’ve been planning to meet together.

The day after I arrive, Petra and I went to look for the organisation called “are you syrious”.

 

 

These guys were like rushing all over the city to collect donations, to store it in their warehouse in medika district.
As the administrative side of the humanitarian work was such a maze, are you syrious wasn’t allowed to enter the camp and could just bring their donations to the gates.
Then to improve the help and to still being useful in this complicated situation, they were collecting, analysing and sharing all the useful and crucial informations regarding the route.

 

 

And I discovered how useful and helpful it was..
As I experienced later all along the way, information was something you had to take seriously and to rely on.
And we work together with the guys at the medika warehouse, and as we were sorting and packing the clothes etc … We were discussing the possibility for me to carry on the most efficient way.
I didn’t know at that time that we were about to share through the web and social network during all of my journey.
I was always asking them advices about the next step of my trip, and always they were answering, bringing me contacts, place and useful things to do and to think about.
I would say that “are you syrious” is still nowadays one of the best help that the volunteers and everyone can rely on to have get the news and to keep updates about the crisis on a day to day basis.