Chaptire IV – Tabanovce – Macedoine

Kumanovo

Il est délicat de parler de la situation des réfugiés ici en Macédoine, il semble que la plupart des gens soit contre les migrants.

exile (64 of 500)

Je ne peux pas leur en vouloir ; La Macédoine (FYROM) doit être l’un des pays les plus pauvres des Balkans et le salaire moyen est à peine supérieur à 300-400 € …

Dans cette situation, évidemment, prendre soin de vous et de votre famille est beaucoup plus difficil que dans les autres pays et, avant d’aider les étrangers, je comprends que les Macédoniens s’occupent de leur propre vie, ce qui n’est pas simple ici.

 

C’est pourquoi je pense que la plupart d’entre eux pourraient voir la crise des réfugiés comme une menace … inquies pour leur vie, craingnant de perdre leur emploi et leur seule source de revenus … Les Macédoniens ont peur des réfugiés et des migrants … les considèrent comme des gitans et des voleurs contrairement  à des victimes de guerre et une population impuissante.

exile (68 of 500)

Et il est difficile de parler de ça … et je dois être aussi trop impliqué et peut-être idéaliste dans la façon dont je vois ces gens …

– “ils sont violents”

– “Fuck-vous, tout le monde est violent et le monde est plein de bêtises et de pauvreté, pourquoi ces personnes seraient plus propices à la violence que notre société armée jusqu’aux dents?”

– “Il y a beaucoup de terrorisme parmis eux…”

– “Peut-être 1 sur 10000 … Mais les terroristes sont aussi la première causes de leur exil, pourquoi deviendraient-ils leurs propres bourreaux ?

Et cela pourrait continuer sans fin comme ça, et au final, je suis fatigué de discuter avec les gens et d’être considéré comme un Hippie Français idéaliste qui pense que tout est bon et beau dans ce monde.

Bien sûr, ce n’est pas le cas, et c’est pourquoi nous devons nous battre et nous sensibiliser et aider à changer la façon dont le monde tourne.

 

 

Organisations

C’est un processus difficile de traverser ces différents pays, différentes ONG et camps, etc. C’est comme essayer de créer quelque chose avec rien. Construire un réseau à travers ce désordre, essayer de joindre, contacter une entité. De les lier ensemble est un travail super compliqué et je narrive pas comprendre ce manque de communication.

exile (35 of 500)

Il n’y a aucune information entre les camps, pas de coopération …

Heureusement, les gens ne sont pas si stupides, se sont organisés en ligne et je suis heureux de voir que Facebook est utilisé enfin de manière utile par rapport à la plupart des usages que les gens en faisaient quotidiennement.

J’ai été étonné de constater que même les équipes d’ONG comptent plus sur les infos des médias sociaux que sur leurs propres données.

Internet reste encore une fois, le moyen le plus efficace de connecter tous les bénévoles, les camps, les ONG, etc. … Ensemble.

Et cela me donne l’espoir pour le futur d’une certaine manière, car les gens se rendent compte que la technologie peut être utilisée pour le bien de l’humanité et pas seulement pour faire n’importe quoi …

 

 

Bénévolat

Être bénévole dans le camp n’est pas si facile même si nous sommes entourés de personnes dans des situation 10 fois plus contraigantes et rudes que les nôtres.

Nous venons des quatre coins du globe, voulons aider, partageons des idéaux communs même avec des cultures et des idées différentes … nous sommes liés ensemble, vivons ensemble au rythme des trains, de la course, de la construction, de la cuisine, de l’information sur le flux des migrants …

Quand les choses se calment, nous sommes calmes … quand la tornade remprend, nous reprenons … Nous vivons au rythme du camp, qui devient notre propre vie parfois …

Pour être volontaire, vous devez être en quelque sorte dévoué à ces personnes, de tout votre coeur et esprit … Les choses ne se passent pas seulement sur le terrain, mais aussi dans la vie à côté … Leurs histoires, leurs visages, leurs voix sont partout, toujours en écho dans votre esprit …

Parfois, je rêvais des camps, des personnes qui passaient, j’ai faisait des cauchemars horribles aussi … Parfois, je m’étonne aussi du manque de leur présence, de leurs voix et des langues qu’ils parlent … Ils deviennent une partie de vous-même, votre vie et votre temps deviennent, en quelque sorte, liés aux leurs.

Vous n’êtes pas bénévole parce que c’est cool, ou parce que c’est gratifiant ou quoi que ce soit … Vous êtes impliqué parce qu’il est nécessaire et vous vous sentez responsable …

 

 

Nous avons tous des raisons différentes et diverses pour nous impliquer ; La volonté d’aider, la volonté de sensibiliser et de donner l’espoir, le sentiment d’être utile et d’aider à améliorer une bonne cause …

exile (71 of 100)

En ce qui me concerne, je donnerais tous ces arguments, mais aussi un plus particulier et blessant : je me sent personnellement coupable et responsable pour mon pays en Europe qui ne les aide pas et ne fait même pas semblant de faire quelque chose …

Je me sens responsable et coupable quand j’entends dire que les pays de l’UE ferment leurs frontières, renvoient les migrants sans aucunes raisons …

Je me sens coupable pour le français, pour le britannique, pour le Hongrois, Bulgare, Macédonien, etc … Coupable pour toute cette stupidité et cette colère qui conduit les gens à fermer leurs portes ainsi aue leur esprit.

Basel m’a demandé une fois si je me sentais utile dans les camps … pour être honnête, pas vraiment … Je ne me sens pas utile de faire en sorte que la situation soit juste “OK” au jour le jour et je me sentirais utile quand je verrais un peu d’améliorations dans le monde  … 

Je ne me sens perdu dans ce vent de lutte, d’impuissance et de tristesse …

Je ne suis pas bénévole pour me sentir utile, je donnes toute ma personne à cette cause parce que c’est juste, parce que c’est notre devoir d’aider , parce que c’est notre faute …  La société occidentale a aussi créé ce chaos.

Etre utile ne veut pas dire que je change tout ce que je pense, tout ce aue je suis … et à la fin de la journée, je suis juste un petit point perdu dans cette mer … mais sa ne suffit pas. Et je me sentirais utile le jour où j’aiderais à créer un véritable changement.

Chapter IV – Tabanovce – Macedonia

Kumanovo

It’s a tricky thing to talk about the refugees situation here in Macedonia as it sounds like most of people are against the migrants.
Though I understand them ; Macedonia (FYROM) might be one of the poorest country in the Balkans and the average wage is barely higher than 300-400€ …

In this situation, of course, taking care of yourself and your family is much trickier than in the other countries and, before helping strangers, I understand that Macedonian wants to care about their own life which is not that simple here.

That’s why I think, most of them might see the refugee crisis as a thread … worried about their lives, worried about losing their job and their only source of incomes … Macedonians seems afraid of refugees and migrants … somehow considering them as gipsies and buglers instead of war victims and helpless population.
And it’s difficult to talk about that … as I might be to involved and maybe to idealistic in the way I’m seeing them …
– “they’re violent”
– “Fuck yourself, everyone is violent and the world is full of dumb and poverty, why would these people would be more incline to violence than our fully armed society ?”
– “Their’s lot of terrorism in these population …”
– “Maybe … but not in the migrants and I’d even say that they’re forced to leave their country
BECAUSE of terrorism … so Refugees = Terrorists … come on guys are you that blind ?”

And it could go endlessly like that, and at the end I’m tired to argue with people and to be seen as a hippy idealistic french guy who think that everything’s good and beautiful in this world.
Of course it’s not, and that’s why we need to fight back and to rise awareness and help to change the way the world is.

Organisations

It’s a difficult process to work your way through these different countries, different NGO and camps etc … It’s like trying to create something out from chaos. Building a network through this mess, trying to reach, to contact an to link entity together is such a complicate work and I can’t believe in this lack of communication.
There’s no informations between camps, no cooperation neither …
Fortunately people aren’t that dumbs and organised themselves online and i’m glad to see that Facebook is used in a better way than it used to be most of the time.
I’ve been amazed to see that even NGO crews are more relying on the social media streams than on their own organisation news.
Th Internet is again the most efficient way to connect all the volunteers, camps, NGO etc… Together.
And it makes me hopeful for the futur in a way, as people realise that technology can be use for the good of mankind and not just to mess around…

Volunteering

To be a volunteer in the camp is not that easy even though we are surrounded by 10 times worse situations and problems …

We’re all coming from anywhere, willing to help, sharing common ideals even with different cultures and ideas … we’re linked together, we’re living together at the tempo of the trains, running, building, cooking, giving regarding the flow of migrants …

Someday when it’s quiet, we’re quiet … when it’s busy, we’re busy … We are living at the camp life rhythm, which becomes our own life sometimes …

To volunteer means that you’re somehow dedicated to these people, all of your person … Is not just happening in the field, but also in the beside life … Their lives, their faces, their voices are all over you, always bright and crystal clear in your mind …

Sometimes I dreamed about the camps, the people passing through, I made horrible nightmares also … Sometimes I surprising myself missing their presence, their voices and the languages they talks … They’re becoming a part of yourself, your life and time somehow linked to their own.

You’re not volunteer because it’s cool, or because it’s rewarding or whatever … You’re involved because it’s needed and you’re somehow feeling like responsible …

We all have different and several reasons to get involved ; the willing to help, the willing to rise awareness and hope, the feeling of being useful and to help improving a right cause … talking about myself I would give all of these but one more specific and hurtful : I personally feels guilty and responsible for my countries in Europe not to help and even try to do something … I personally feels responsible and guilty when I heard that EU countries are closing their borders, are sending back migrants without any dialogue … I feels guilty for French, for British, for Hungarian, Bulgarian, Macedonian etc … Guilty for all of this stupidity and this anger that leads people to close their doors as their minds.

Basel asked me once if I was feeling useful in the camps … to be honest, not really … I’m not feeling useful making the situation just OK in a day to day basis and I’d feel useful when I’d see some global improvements … whatever they could be.

I’m not feeling useful at all, lost in this stream of struggle, helplessness and sadness … I’m not volunteer to feels useful, I’m pushing all of my person on this cause because it’s fair, because it’s our duty to help, because we, as occidental society has created this chaos.

To feels useful doesn’t mean that I’m changing anything I think … and at the end of the day I’m just a little dot lost in this sea, just a tiny light which is trying to glow … but one is not enough and I’d feels useful the day I’d bring people together to help and to create a real change.